Comprendre les paires de devises

Devise de base, devise de cotation, points de cotation et écart entre prix acheteur et vendeur : la mécanique de lecture d'un cours de change, expliquée simplement.

Rubrique / Marchés financiersPublié Lecture 3 min

Cette fiche complète Comprendre le Forex, consacrée à l’organisation du marché des changes.

Une monnaie n’a pas de valeur absolue. Elle ne se mesure que par rapport à une autre, ce qui explique que les cours de change s’expriment toujours par couples. Cette convention paraît anodine ; elle conditionne toute la lecture.

Devise de base et devise de cotation

Un couple s’écrit sous la forme EUR/USD. La première monnaie est la devise de base, la seconde la devise de cotation. Le cours indique combien d’unités de la seconde sont nécessaires pour obtenir une unité de la première.

Un cours EUR/USD de 1,0850 signifie donc qu’il faut 1,0850 dollar pour obtenir un euro. Lorsque ce cours monte, c’est l’euro qui se renforce face au dollar ; lorsqu’il baisse, c’est l’inverse.

Cette relation étant relative, une monnaie peut reculer face à l’une et progresser face à une autre au même moment. Dire qu’une devise « baisse » sans préciser contre quoi n’a pas de sens.

Les points de cotation

Les variations se comptent en points, souvent appelés pips. Sur la plupart des couples, un point correspond à la quatrième décimale : un passage de 1,0850 à 1,0851 représente un point.

Les couples faisant intervenir le yen japonais font exception, leur cotation ne comportant que deux décimales : un point y correspond à la deuxième.

Cette unité sert de convention de langage entre intervenants. Ramenée en pourcentage, elle représente une fraction très faible du cours, ce qui explique que les variations quotidiennes du marché des changes paraissent modestes comparées à celles d’autres marchés.

L’écart entre prix acheteur et prix vendeur

Deux prix sont affichés en permanence : celui auquel on peut vendre la devise de base, et celui, légèrement supérieur, auquel on peut l’acheter. La différence constitue l’écart de cotation.

Cet écart n’est pas fixe. Il se resserre sur les couples les plus échangés et aux heures les plus actives ; il s’élargit sur les couples secondaires, en dehors des heures de forte activité, et au moment des publications économiques. Il constitue un coût de transaction, supporté à chaque aller-retour.

Les catégories usuelles

Les intervenants classent les couples en trois familles, selon les volumes traités.

Les couples majeurs associent les monnaies des plus grandes économies. Ils concentrent l’essentiel des échanges et présentent les écarts de cotation les plus étroits.

Les couples secondaires associent deux monnaies importantes sans faire intervenir le dollar américain. Leurs volumes sont plus faibles et leurs écarts plus larges.

Les couples exotiques associent une monnaie majeure à celle d’une économie plus petite ou moins ouverte. Ils se caractérisent par une liquidité réduite, des écarts nettement plus larges et une sensibilité accrue aux événements politiques locaux.

Deux erreurs de lecture fréquentes

La première consiste à raisonner sur une monnaie isolée alors que le cours en compare deux : une évolution peut provenir d’un mouvement de l’une, de l’autre, ou des deux à la fois.

La seconde consiste à confondre l’ampleur en points et l’ampleur en pourcentage. Cinquante points sur un cours proche de 1,08 représentent environ 0,46 %. Cette conversion, et les facteurs qui déplacent les cours, sont détaillés dans l’analyse Comprendre le marché des changes. Elle importe d’autant plus qu’un effet de levier vient souvent amplifier ces variations, dans les deux sens, et qu’une perte peut alors dépasser le montant déposé — sous réserve de la protection européenne contre les soldes négatifs, applicable aux clients particuliers.

Cette fiche fait partie de la thématique Marchés financiers.