La gestion du risque en pratique

Les notions employées pour décrire et borner le risque d'un portefeuille : exposition, corrélation, baisse maximale et horizon, avec ce que chacune ne dit pas.

Rubrique / Gestion du risquePublié Lecture 3 min

Gérer le risque ne consiste pas à le supprimer. Un actif sans variation n’existe pas, et un capital placé sans exposition ne rapporte rien de plus que le taux sans risque. Il s’agit de le mesurer, d’en connaître les formes et d’en fixer les bornes à l’avance.

Cette fiche présente les notions employées pour cela, et la limite propre à chacune. L’analyse Les bases de la gestion du risque en propose une lecture plus développée.

L’exposition

L’exposition désigne le montant réellement soumis aux variations d’un actif. Elle ne se confond pas avec le capital engagé : lorsqu’un effet de levier intervient, l’exposition est un multiple de la somme déposée.

C’est cette grandeur, et non le capital, qui détermine l’ampleur des gains comme des pertes. Une position de faible montant sur un instrument fortement démultiplié peut représenter une exposition supérieure à une position bien plus importante sans levier.

Sur certains instruments, la perte peut dépasser le montant déposé au départ. La protection européenne contre les soldes négatifs la limite au solde du compte pour les clients particuliers.

La corrélation

La corrélation mesure la tendance de deux actifs à évoluer dans le même sens. Elle fonde le raisonnement de la diversification : répartir un capital entre des actifs peu corrélés réduit l’ampleur des variations d’ensemble.

Sa limite est bien documentée : les corrélations ne sont pas stables. Elles augmentent en période de tension, au moment précis où la diversification serait la plus utile. Un portefeuille réparti sur des actifs habituellement indépendants peut donc voir cette indépendance disparaître au plus mauvais moment.

La baisse maximale

La baisse maximale retient l’écart entre un point haut et le point bas qui l’a suivi, sur une période donnée. Elle répond à une question que la volatilité laisse de côté : quelle perte un détenteur aurait-il supportée au pire moment ?

Deux actifs de volatilité comparable peuvent présenter des baisses maximales très différentes. Cette mesure décrit toutefois un passé observé : rien n’indique que la baisse à venir soit bornée par celle qui a été constatée.

L’horizon

L’horizon détermine quelles variations sont supportables. Une baisse de plusieurs mois n’a pas la même portée selon que les sommes engagées doivent être récupérées à brève échéance ou peuvent rester immobilisées.

C’est un paramètre personnel. Il ne se déduit d’aucun indicateur de marché et dépend de ressources, d’obligations et d’échéances qu’aucun contenu éducatif ne connaît.

La perte définie à l’avance

La littérature de gestion décrit une pratique consistant à fixer, avant d’ouvrir une position, le montant qu’elle peut perdre — plutôt qu’à trancher dans l’urgence une fois la baisse engagée.

Le principe est descriptif. Il ne dit pas quel niveau retenir, cette réponse dépendant d’une situation individuelle. Il n’apporte par ailleurs aucune garantie d’exécution : lors d’un mouvement brutal ou d’une ouverture avec écart, un ordre peut être exécuté à un prix sensiblement différent de celui qui était prévu.

Ce qu’aucune de ces mesures ne fournit

Aucune ne prédit. Toutes décrivent un passé observé ou formalisent une intention. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et toute opération financière peut entraîner une perte partielle ou totale du capital engagé.

Cette fiche décrit des notions employées par la littérature financière. Elle ne propose aucune méthode à appliquer et ne porte sur aucune situation individuelle.

Cette fiche fait partie de la thématique Gestion du risque.